Peuple non atteint Frontière
Les Tegalis vivent dans les collines de Tegali et Rashad, dans les monts Nouba, dans l’État du Kordofan méridional, au centre du Soudan. Ils font partie de la grande mosaïque de peuples connus collectivement sous le nom de Nouba, qui pendant des siècles a trouvé dans ces montagnes un refuge contre les empires, les royaumes esclavagistes et les gouvernements hostiles des terres basses environnantes.
Ils parlent le tegali, une langue de la famille rashad, l’un des près de cent idiomes distincts qui subsistent dans ce même massif montagneux, preuve vivante de la diversité que la fuite et l’isolement ont produite au fil des générations. Beaucoup parlent aussi l’arabe, utilisé comme langue commerciale entre les différents peuples de la région.
Même si le terme « nouba » fonctionne comme une étiquette régionale qui regroupe des dizaines d’ethnies distinctes, les Tegalis conservent une identité propre, liée à la terre, à la langue et aux coutumes des collines qui portent leur nom.
Les Tegalis se considèrent comme les habitants d'origine des monts Nouba, ayant occupé ces terres bien avant l'arrivée des empires voisins. Au fil des siècles, les montagnes sont devenues la destination d'autres peuples fuyant les guerres, l'esclavage et l'oppression dans les plaines environnantes, ce qui a transformé la région en un véritable archipel de langues et de cultures.
Cette histoire de refuge a façonné le caractère du peuple : l'isolement dans les collines a garanti une protection, mais a aussi engendré une méfiance durable envers ceux qui viennent de l'extérieur. Ces dernières décennies, le conflit armé qui a de nouveau frappé le Kordofan méridional a apporté une nouvelle vague de déplacements, rouvrant les anciennes blessures d'une terre qui a déjà vu des générations entières chercher refuge parmi leurs propres montagnes.
| Pays | Part du peuple | Population |
|---|---|---|
Soudan Non atteint
|
100%
|
102.000 |
La vie s’organise autour des collines de Tegali et Rashad et de la petite ville de Rashad, où l’agriculture de subsistance et l’élevage font vivre les familles. Le terrain montagneux a favorisé, historiquement, la culture en terrasses et la vie en villages organisés par clans, avec un fort attachement à la terre ancestrale.
La cohabitation entre des dizaines de peuples voisins, chacun avec sa propre langue, a rendu le multilinguisme naturel : il est courant de grandir en entendant le tegali à la maison et l’arabe dans les échanges au marché. Ce mélange de peuples côte à côte, chacun préservant ses propres coutumes, est une marque de l’identité nouba dans son ensemble.
L’islam façonne pratiquement toute la vie religieuse et sociale des Tegalis, présent dans l’éducation des enfants, les normes familiales et l’organisation communautaire. Des écoles islamiques enseignent le Coran aux garçons et aux filles dès le plus jeune âge, et la loi islamique guide les décisions quotidiennes, du mariage à la résolution des conflits entre voisins.
À côté de l’islam, subsistent aussi des pratiques religieuses de racine plus ancienne, liées à la terre, aux ancêtres et au cycle agricole, un trait commun aux peuples nouba qui ont préservé leurs propres traditions même sous la forte influence islamique venue de l’extérieur des montagnes. Pour les Tegalis, être musulman et appartenir à son propre peuple vont de pair, presque comme une seule et même chose.
Il n’existe pas de Bible traduite en langue tegali, et la traduction reste encore à commencer. Dans une région où près de cent langues différentes cohabitent côte à côte dans les monts Nouba, les projets de traduction mettent souvent des années à atteindre chaque communauté, et le tegali reste parmi les nombreuses langues qui attendent encore la Parole de Dieu dans leur propre parler. En attendant, ce que l’on connaît des Écritures parvient presque toujours par l’arabe, langue commerciale de la région, et non par la langue du cœur du peuple.
Des siècles de refuge dans les montagnes ont laissé une marque profonde : les Tegalis, comme les autres peuples nouba, ont tendance à se méfier des étrangers, ce qui rend toute approche initiale plus lente et délicate. L’identité islamique est entrelacée à l’identité ethnique, si bien qu’abandonner l’islam peut être ressenti comme abandonner son propre peuple. Le conflit armé qui a de nouveau frappé le Kordofan méridional ces dernières années ajoute l’isolement physique à la distance spirituelle, rendant encore plus difficile l’arrivée du message de l’Évangile jusque dans ces collines.
La guerre revenue dans les monts Nouba a provoqué des déplacements massifs, de l’insécurité et la destruction des cultures, justement dans une région qui dépend déjà de l’agriculture de subsistance pour survivre. L’eau pour la consommation et l’irrigation reste rare, et des améliorations simples dans cet accès, comme des puits et des systèmes d’irrigation de base, feraient une réelle différence dans la vie des familles tegalis.
Sur le plan spirituel, le besoin est tout aussi grand : il n’existe pas d’Écriture dans leur propre langue, ni de communauté chrétienne connue parmi les Tegalis capable d’annoncer et de vivre l’Évangile au sein même de leur propre culture.
Intercédez pour ce peuple avec des chrétiens du monde entier.
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