Peuple non atteint Frontière
Les Khatis sont un peuple d’artisans du nord de l’Inde, traditionnellement liés au travail du bois : charpenterie, menuiserie et construction. Le nom lui-même vient de « kath », bois dans plusieurs langues locales, et marque une identité construite autour d’un métier transmis de génération en génération.
Ils vivent principalement dans les États du Rajasthan et du Madhya Pradesh, avec une présence moindre dans d’autres régions du nord et du centre de l’Inde, ainsi qu’une petite communauté au Pakistan. Ils parlent le hindi comme langue principale en Inde, et le saraiki parmi ceux qui se trouvent du côté pakistanais de la frontière historique qui a divisé la région.
Au sein de la vaste mosaïque des castes indiennes, les Khatis s’identifient comme faisant partie de la communauté Vishwakarma, un groupe d’artisans qui revendique une descendance spirituelle d’une figure divine liée à la création et à l’ingéniosité. Cette origine confère au travail manuel un sens presque sacré.
L'identité khati est née du métier, et non d'un territoire d'origine unique : des communautés de charpentiers et de menuisiers de différentes régions du nord de l'Inde ont, au fil des siècles, fini par se reconnaître sous ce nom commun, lié au bois qu'elles travaillaient. Avec le temps, elles ont intégré le réseau plus large des castes artisanales connu sous le nom de Vishwakarma, aux côtés des forgerons, des maçons et des orfèvres, tous réunis par la revendication d'une ascendance divine partagée.
La partition du sous-continent indien au XXe siècle a dispersé une partie de ce peuple également vers le territoire qui est aujourd'hui le Pakistan, où une petite communauté khati continue d'exister, séparée de la majorité par une frontière qui n'a pas effacé le lien d'origine.
| Pays | Part du peuple | Population |
|---|---|---|
Inde Non atteint
|
99,7%
|
1.720.000 |
Pakistan Non atteint
|
0,3%
|
5.100 |
Le métier du bois définit encore une bonne partie de la vie khati : fabriquer des meubles, des portes, des roues et d’autres objets du quotidien reste, pour de nombreuses familles, à la fois un moyen de subsistance et une marque d’appartenance. Le savoir se transmet de père en fils, au sein d’ateliers familiaux qui sont aussi des lieux de vie commune et de transmission des valeurs.
Comme dans d’autres castes artisanales indiennes, la vie sociale khati s’organise autour de mariages au sein du groupe lui-même, de conseils communautaires et d’un fort sens de l’honneur lié à la réputation du travail bien fait. Dans les zones urbaines, beaucoup travaillent aujourd’hui aussi dans le bâtiment et la menuiserie industrielle, adaptant le métier traditionnel à de nouveaux contextes.
Les Khatis sont hindous, et leur foi est étroitement liée à leur identité professionnelle même : ils croient descendre d’une divinité associée à la création, à l’architecture et au travail manuel, ce qui confère au métier du bois un caractère presque de vocation sacrée. Des rituels et des fêtes liés à cette figure divine marquent le calendrier religieux de la communauté, en particulier lors de dates dédiées aux artisans et aux bâtisseurs.
Aux côtés de cette dévotion spécifique, ils pratiquent l’hindouisme populaire du nord de l’Inde, avec le culte de diverses divinités, des pèlerinages vers des temples et l’observance de festivals régionaux. Ici, la foi ne sépare pas le sacré du quotidien : les outils de travail sont souvent bénis, et le métier lui-même est vécu comme une manière d’honorer le divin.
En Inde, les Khatis parlent le hindi, langue qui dispose déjà de la Bible complète depuis longtemps et d’une large disponibilité en texte, audio et média numérique. Au Pakistan en revanche, la petite communauté khati parle le saraiki, langue pour laquelle une traduction de la Bible est produite peu à peu, avec quelques évangiles déjà publiés, mais sans encore de Nouveau Testament complet. Malgré la disponibilité des Écritures en hindi, l’accès réel de la majorité des Khatis à ce contenu, et l’intérêt à le rechercher, restent pratiquement inexistants.
Être khati, c’est avant tout appartenir à une caste hindoue dont l’identité religieuse est fortement liée à l’ascendance et au métier : abandonner l’hindouisme est perçu comme une rupture avec sa propre lignée familiale et avec le réseau de mariages et de relations qui soutient la communauté. La structure des castes renforce cette fermeture, et l’absence quasi totale de chrétiens parmi les Khatis signifie que rarement quelqu’un du groupe a un contact personnel avec un disciple de Jésus, ce qui rend le premier pas vers l’évangile particulièrement rare.
Comme de nombreuses castes artisanales traditionnelles, les Khatis subissent la pression de l’industrialisation sur leur métier : les machines et la production en série réduisent la demande de travail manuel du bois, menaçant les moyens de subsistance de familles entières et poussant les jeunes vers des emplois urbains coupés de la tradition familiale. Il y a un besoin de dignité dans le travail et de voies durables face à ce changement économique.
Sur le plan spirituel, le plus grand manque est celui d’une présence chrétienne : il n’existe pratiquement aucune communauté de foi ni discipulat à la portée des Khatis, et les Écritures disponibles dans leur langue principale ne les ont pas encore atteints de manière significative.
Intercédez pour ce peuple avec des chrétiens du monde entier.
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